Le point sur la thrombophilie en 2009
Le GEHT prend position sur la thrombophilie, par le Pr. Thomas Lecompte.
La question de l’identification par des tests de laboratoire de facteurs de risque de thrombose est loin d’être nouvelle : le Groupe d’Études sur l’Hémostase et la Thrombose (GEHT) de la Société Française d’Hématologie se préoccupe aussi bien de l’hémorragie que de la thrombose, cette dernière étant devenue une question de plus en plus fréquente, pouvant comporter des formes très particulières comme des thrombophilies constitutionnelles rares à exceptionnelles.

Le point sur la thrombophilie en 2009

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Le GEHT prend position sur la thrombophilie

Thomas Lecompte, Hémostase, hématologie biologique, CHU de Nancy, Hôpitaux de Brabois, 54511 Vandoeuvre-lès-Nancy cedex ; Inserm U961, UHP, Nancy Université 1 Docteur en médecine (hématologiste), PU-PH 47-01 ; président du bureau du GEHT de la SFH.

La question de l’identification par des tests de laboratoire de facteurs de risque de thrombose est loin d’être nouvelle : le Groupe d’Études sur l’Hémostase et la Thrombose (GEHT) de la Société Française d’Hématologie, comme son nom l’indique, se préoccupe aussi bien de l’hémorragie que de la thrombose, cette dernière étant devenue une question de plus en plus fréquente, pouvant comporter des formes très particulières comme des thrombophilies constitutionnelles rares à exceptionnelles. Après une période d’enthousiasme et de croissance des investigations biologiques est venu le temps de la réflexion et de la critique de conduites sans doute prématurées, insuffisamment fondées, voire inappropriées. Il était donc apparu opportun qu’au sein de la société professionnelle qu’est le GEHT soit conduite une réflexion approfondie sur le sujet, débouchant autant que possible sur des recommandations fondées, claires et applicables, alors même que plusieurs textes internationaux ont été publiés en anglais ces dernières années pour tenter de mettre un peu d’ordre et de raison dans ce domaine complexe et évolutif.
Ainsi, sous l’égide du GEHT et de la Société Française de Médecine Vasculaire (SFMV), deux équipes ont travaillé en parallèle pendant trois ans. Un groupe « aspects cliniques » a réussi à élaborer un texte de recommandations pour la pratique clinique (RPC), qui définit les indications possibles de la recherche des facteurs biologiques de risque de la maladie thromboembolique veineuse dans ses formes les plus habituelles (thromboses veineuses profondes et superficielles des membres, et embolies pulmonaires) et les paramètres biologiques dont la détermination peut avoir un intérêt clinique. Le texte complet issu de ce travail est publié dans le Journal des maladies vasculaires. Le deuxième groupe s’est intéressé aux modalités de la recherche par tests de laboratoire des facteurs de risque établis de maladie thromboembolique veineuse : il présente donc ici un état détaillé des connaissances dans le domaine avec les conséquences pour la pratique de la biologie clinique ; il termine en proposant une stratégie diagnostique claire.
Ce travail collégial, dont nous espérons qu’il sera bien utilisé, parce que vraiment utile, me paraît exemplaire à plus d’un titre. Il a été initié par le précédent bureau du GEHT et mené à bien par les rédacteurs indiqués en tête de chapitre et les coordonnateurs, Christine Biron-Andreani et Pierre-Emmanuel Morange, que nous remercions tous très chaleureusement. Ce n’est pas un hasard si ces deux collègues sont aussi en charge de l’animation de la commission de recherche clinique dans notre groupe, tant il est vrai que dans le domaine de la thrombophilie, il reste beaucoup à démontrer (ou infirmer ?). Ce travail a abouti à un document très complet, probablement avec des imperfections, des points de vue pas nécessairement toujours consensuels ; le document devra donc évoluer avec les connaissances et l’expérience de la pratique. Ainsi, les retours restent nécessaires de la part de tous les membres du GEHT, sur d’éventuelles difficultés d’application notamment.

Ce travail est exemplaire enfin, parce qu’il montre qu’un groupe de professionnels de la santé, dont beaucoup sont des praticiens de biologie spécialisée, est capable d’avoir un regard critique sur le coeur de sa pratique, et de reconnaître l’utilité souvent limitée de démarches de laboratoire parfois sophistiquées et souvent coûteuses à maints égards.

Cela ne signifie ni l’abandon d’une grande rigueur et d’un soin extrême à la réalisation des tests quand ils paraissent pouvoir apporter des éléments utiles à la prise en charge de malades, ni le renoncement au travail pour améliorer la qualité informative de tests de laboratoire pour identifier les malades à risque thrombotique durable et quantifier le mieux possible ce risque.

Au travers de ce travail, la difficile question des lieux et structures les mieux appropriés pour la mise en oeuvre de ces démarches, tout particulièrement pour la très délicate et mouvante question des autoanticorps dits «anti-phospholipides», s’est trouvée à nouveau posée et méritera des développements avec les partenaires institutionnels.

Je vous souhaite une bonne lecture, et surtout je vous incite vivement à revenir à ce document autant de fois que nécessaire au cours de votre pratique, et de l’utiliser pour les actions de Formation continue et d’Évaluation des pratiques professionnelles (EPP), ainsi que pour les concertations pluridisciplinaires locales, si importantes pour la bonne utilisation des tests de laboratoire en matière de prédisposition à la thrombose.

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